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Bilan et débrief - L'aventure 777 km

15 août
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 août



Du BRM 300 à la magie des 777 km en ultra



De l'état de "survie" à l'état de "grâce"


  • L'effet ralentisseur du temps : Rentrée le 12 août à midi, j'ai l'impression qu'un mois s'est écoulé en 48h en raison de l'intensité de l'aventure et de la saturation des stimulations.

  • Le switch du système nerveux : Je passe sans transition d'un mode "tension" (chaleur proche de la canicule, gestion du BRM, logistique liée à mon aventure vélo) à un apaisement et une détente retrouvée (aidée par l'infusion CBD et le retour de la fraîcheur de mon appartement, dont les volés sont fermés en raison de la canicule).

  • La satisfaction du bilan global : Je ressens de l'étonnement et de la fierté face au bilan complet (777,3 km et +6 770 m de D+). "Si on m'avait montré la trace globale avant de partir, j'aurais dit : c'est impossible."

  • Le sentiment prédominant : De la gratitude, une fierté personnelle gravée et la satisfaction du "travail bien fait" !



Le corps à l'épreuve des éléments et la reconnaissance


  • Un moteur musculaire exceptionnel : J'éprouve une reconnaissance immense envers mon corps. j'ai zéro courbature bloquante à J+2 (effort mieux encaissé que lors des séances de renforcement/PPG en club d'athlétisme), seulement une lourdeur logique aux cuisses après le BRM 300.

  • Le visage marqué ("l'effet Florence Arthaud") : Mon visage au retour apparaît comme sculpté par le plein air, le soleil, le vent et la chaleur.

  • La signature immunitaire : Une poussée d'herpès labiale importante se fait le témoin du choc et stress physiologique encaissé par l'organisme.

  • Point d'appui et micro-traumatismes : Une sensibilité sur la paume des mains (éminence thénar sous le pouce) et le tranchant extérieur (auriculaire), combinée aux irritations de selle (soulagées au Cicaplast) se fait néanmoins sentir.



Révélation, déclic et cap sur l'ultra-distance



Retour sur mon BRM 300


  • Une épreuve extrême confirmée : J'ai jugé ce BRM très difficile sur le coup ("J'ai pas aimé" et même détesté"), ce qui a été confirmé à la fin du parcours par d'autres cyclistes aguerris, qui ont mis 1h de plus que sur d'autres 300 km exigeants.

  • Une sobriété métabolique impressionnante : J'ai bouclé avec seulement 2 sandwichs pain de mie/jambon/maasdam, des pâtes de fruits, des barres et 4 gels. La preuve d'un métabolisme très efficace à l'effort long !



La naissance d'une identité cycliste


  • De l'aversion à la projection : En moins de 5 jours, je suis passée du "Plus jamais ça, ce n'est pas pour moi" à une réflexion active sur de futurs randonnées longues distances, et le visionnage de documentaires d'ultra-cyclistes en situation.

  • Affinement du style : Je suis difinitivement attirée par l'Aventure à vélo, le Bikepacking et l'ultra distance (style BikingMan / voyage), plutôt que pour le cyclotourisme en peloton traditionnel (type Paris-Brest-Paris).



L'optimisation du vélo pour le dénivelé et le confort


  • La cassette 11-34 : L'idée me trottait en tête depuis longtemps et s'est concrétisée pour le BRM 300. Je ne regrette pas ce choix : ce développement était idéal pour mouliner dans les bosses et préserver mes jambes sur la durée.

  • Les pneus en 32 mm : Je suis passée du 28 au 32 mm pour limiter le risque de crevaison et gagner en confort. Ma crainte de perdre en rendement sur mes GP 5000 était infondée : c'est un excellent compromis.

  • La wax pour la transmission : Une révélation ! Fini le cambouis noir qui salit tout : ma chaîne est restée propre et facile à entretenir avant le BRM et pendant l'itinérance, tout en gardant un bon rendement.



L'équipement pour l'itinérance


  • Les prolongateurs : Je les ai installés au départ pour soulager ma main gauche sujette aux engourdissements, mais ils m'ont aussi servi de support parfait pour fixer la tente sur le cintre.

  • Le duvet compact : Mon achat spécifique pour cette aventure. Il m'a permis de gagner un volume précieux dans mes sacs tout en restant bien au chaud la nuit en camping.

  • La sacoche top tube : Un ajout vraiment indispensable ! Elle m'a permis de garder toute ma nutrition sous la main et de pouvoir manger régulièrement en roulant, sans perdre de temps à m'arrêter.

  • L'arbitrage de la tente : J'ai préféré emporter ma version 1 place ultra-compacte plutôt que ma 2 places. Un gain de poids et d'encombrement évident pour le portage.



Volte-face de dernière minute sur mon setup de chargement, ou le choix de la raison


  • Le renoncement à l'ultra-light : La veille du départ, l'évidence s'est imposée : ma sacoche de selle (cf. article « Bikepacking et BRM ou l'art du rangement millimétré »)  ne suffirait pas pour caser le matos obligatoire du BRM et de l'itinérance. J'ai dû accepter de remettre le porte-bagages et les sacoches latérales.

  • Les bénéfices directs sur le terrain : Un choix payant : dos libéré de tout sac sous la chaleur, affaires d'étape accessibles et zéro stress sur la tenue du matos dans les descentes.

  • Le contraste avec le setup initial : J'ai eu l'impression de faire marche arrière en revenant 0 à cette configuration lourde (porte-bagage +sacoches latérales) que je ne voulais plus. Mais une fois sur la route, je n'ai pas regretté une seconde ce changement de cap.

  • La reconversion du matériel : Rien n'est perdu : la sacoche de selle servira au quotidien (vélotaf, affaires de course à pied) pour éviter le sac à dos !



Bilan terrain : Nutrition, hydratation et ajustements pour la suite



Nutrition, hydratation


  • Organisation et répartition de la nutrition sur le BRM : La modification de mon setup au moment du départ a bousculé mon plan initial pour le BRM. Je prévoyais au départ de ne garder que la sacoche top tube et la sacoche de selle pour y mettre uniquement le ravitaillement et les vêtements retirés au fil du parcours. Finalement, j'ai conservé la sacoche top tube et la sacoche de cadre pour y mettre ma nutrition, et j'avais un petit sac à dos en tissu très léger pour transporter mes sandwichs.

  • La stratégie d'hydratation sur le BRM : J'ai utilisé une poche à eau d'un litre chargée en Isostar dans mon gilet de trail, me permettant un apport régulier à la pipette. En complément sur le vélo, j'avais deux bidons d'eau claire (dont un grand de 750 ml), indispensables pour alterner avec le sucré et rincer le palais.

  • La recharge et la gestion de la chaleur : Inenvisageable d'emporter mes électrolytes en poudre sur 300 km. J'ai donc opté pour un tube de pastilles effervescentes dans la poche. Face à la chaleur écrasante et à l'épuisement des stocks d'eau, j'ai franchi un cap en m'arrêtant deux fois dans des cimetières pour faire le plein d'eau fraîche. À un peu plus de la moitié du parcours, ma soif était telle et je rêvais tellement d'un Coca frais qu'à la première boulangerie devant laquelle je suis passée, je me suis arrêtée. Jamais je n'ai bu un Coca aussi vite !

  • L'anticipation de l'autonomie alimentaire : Ne sachant pas exactement quoi emporter pour une telle distance, j'ai vu large. J'ai préparé un stock conséquent : barres Isostar, gels Decathlon (glucides et glucides caféine), pâtes de fruits, fruits secs salés, et 8 demi-sandwichs maison (pain de mie, jambon, Maasdam). Un choix stratégique : si le mot ne s'applique pas à mon voyage global, sur ce BRM, j'étais en autonomie totale.

  • Les pièges des ravitaillements officiels : Mes réserves m'ont sauvé la mise. Au premier ravitaillement, il fallait grimper 600 m de côte raide sous la chaleur : j'ai décliné pour préserver mes forces et pioché dans mes sacs. Au second, vers le 210ᵉ km, il ne restait plus rien. Sans mon ravitaillement embarqué, je ne finissais pas.

  • Le bilan réel et les points à améliorer : Au final, je suis rentrée avec du surplus : sur les 8 demi-sandwichs, j'en ai mangé 4 ; sur 6 barres Isostar, 3 ; et 4 pâtes de fruits sur 6 (le vrai succès du parcours). Côté gels, ma stratégie d'attendre le 150ᵉ km a payé : je n'en ai pris que 4 au total (2 glucides et 2 glucides caféine). En revanche, le mélange de graines salées est à proscrire pour moi : impossible à avaler avec la soif et la chaleur.

  • Récupération et perspectives : Mon expérience sur ce 300 km m'a prouvé que j'avais très bien géré : le lendemain, la récupération de mon corps a confirmé que l'hydratation et la nutrition sur le vélo étaient réussies. Cependant, cette gestion reste à améliorer pour aller plus loin : au-delà de 300 km, le choc physiologique exige d'anticiper la récupération, et un vrai repas devient à mon sens indispensable.



Le matériel et les investissements futurs : Priorité au confort et aux points de contact


  • La prise de conscience sur les points de contact : Sur 300 km, l'équipement d'entrée de gamme montre très vite ses limites. Alors que je réservais jusqu'ici mes investissements aux éléments de sécurité (casque, vélo, éclairage), la douleur m'a fait réaliser l'importance capitale d'un bon cuissard, d'une bonne paire de gants et d'une selle adaptée. Ce qui me paraissait parfois être du snobisme de matos est devenu une priorité absolue.

  • L'épreuve du feu pour l'assise et les mains : Le verdict physique a été sans appel. Au niveau de l'assise, j'ai subi de vives brûlures de frottement et des irritations très douloureuses qui m'ont obligée à me lever sans cesse de la selle et à dégainer la crème Cicaplast par la suite. Côté mains, si ma récente tendinite au poignet m'a laissé un répit miraculeux, j'ai découvert une douleur inédite : les paumes rouge vif, au bord de l'ampoule, échauffées par les vibrations.

  • Passage à l'action immédiat : Dès mon retour, j'ai agi pour rectifier le tir avec un souci de bon rapport qualité-prix. J'ai commandé un cuissard technique (Perf Power Gel de chez Ekoï) et des gants en gel dans la même enseigne. Pour parfaire mon confort, mon choix est fait : la selle Selle Italia SLR Boost Lady TM Superflow, qui sera commandée d'ici la fin du mois !



Le mot de la fin : Obstacles franchis et cap sur la suite



  • La fin de la peur du noir : Après avoir terminé mon premier 200 km, l'envie d'aller plus loin était bien là, mais je ne me permettais pas la perspective d'un BRM au-delà de cette distance car je savais que cela me mettrait face à une redoutable barrière psychologique : rouler de nuit. En investissant dans un éclairage ultra-puissant de 1 500 lumens, j'ai abordé la chose très sereinement. Entre mon départ de l'hébergement à 3 h 30 du matin pour rejoindre le départ du BRM et mon retour passé 22 h, l'expérience a été super positive, j'ai adoré !

  • Le bilan des blocages levés : Qu'il s'agisse d'oser m'arrêter dans des cimetières pour faire le plein d'eau fraîche ou d'enchaîner des heures dans l'obscurité, ce BRM 300 m'a fait franchir des caps mentaux majeurs. Mes appréhensions initiales sont définitivement balayées, ce qui m'ouvre enfin la voie vers des distances plus longues, alors que je me croyais jusqu'ici bloquée au 200 km.

  • Du "plus jamais ça" aux projets futurs : Mon état d'esprit a radicalement changé : l'envie de renouveler l'expérience est bien là. Ma prochaine ligne de mire est déjà fixée : l'Étoile Normande, qui se déroulera du 15 au 23 mai 2027, dont les inscriptions ouvrent le 10 octobre prochain !


Marjorie R





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