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Bikepacking et BRM ou l'art du rangement millimétré

  • 31 juil.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 août


J'imaginais le bikepacking comme une aventure fluide et poétique, où je prends l'essentiel, je ferme mes sacoches et je pars, légère. Pourtant, à quelques jours du départ, la réalité du terrain ressemble plutôt une partie de Tetris géante, doublée d'un remue-méninges permanent.


Mon projet du moment ? Rejoindre Château-Gontier en trois étapes pour y prendre le départ d'un BRM de 300 km - 4h du matin, une longue journée sur la selle et une arrivée nocturne. Ensuite, je poursuivrai ma boucle pour rentrer chez moi, à nouveau en trois ou quatre étapes. Un voyage en itinérance où le BRM sera le point culminant de mon road trip.


Cela fait plusieurs jours que mon salon ressemble à un atelier de préparation. J'étale le matos par terre, je fais des listes sur mon téléphone, je teste des combinaisons de rangement pour gagner du volume et je privilégie toujours l'équipement qui fera double emploi. Je rature, je cherche des idées dans les retours d'expérience d'autres pratiquants.


« Est-ce que ce t-shirt à manches courtes est vraiment indispensable ? » Non, finalement il reste dans l'armoire.

On croit souvent qu'une liste de matos est figée. En réalité, un paquetage, c'est vivant :


La migration du duvet, par exemple. Au début, je l'imaginais sagement tassé au fond de ma sacoche de selle. Mais sur le vélo, la réalité du volume rattrape vite la théorie : le duvet a donc déménagé à l'avant, sanglé sur les prolongateurs avec la tente compacte. Un mouvement stratégique qui rééquilibre les masses et libère une place folle à l'arrière.


Même logique pour le cas du K-way. Sur ma première liste de notes, il apparaissait un peu naïvement au fond du sac — pas très judicieux sur le papier ! Mais une fois le duvet parti à l'avant, l'organisation a retrouvé toute sa logique : le K-way est naturellement remonté vers l'ouverture, prêt à être sorti en deux secondes, tandis que le reste des affaires s'aligne pour le dépaquetage du soir.


(Insérer la photo des notes du téléphone Photo de la liste)

Carnet de bord et logistique : rouge pour ce qui est empaqueté, jaune pour ce qui reste à caser. Une liste vivante qui a encore évolué depuis !


D'autant que sur mon vélo en géométrie XS, chaque centimètre carré compte. Avec une faible sortie de tige de selle, ma sacoche se retrouve à peine à 2 cm du pneu arrière - un ajustement au millimètre, mais ça passe ! L'apprentissage de ces derniers jours, c'est aussi de comprendre comment le matériel réagit une fois en mouvement. Pas question de charger l'élastique supérieur de la sacoche de selle avec le moindre objet rigide — comme ce troisième bidon, vide pour le trajet mais que je veux emmener pour le BRM — sous peine de voir le tout s'affaisser avec les vibrations. Cet espace restera strictement réservé aux couches légères et souples (coupe-vent, gilet fluo) que j'enlèverai au fil des kilomètres. Et pour ce bidon supplémentaire ? Il trouvera finalement sa place sur la fourche avant, fixée sur un porte-bidon d'appoint. Un petit bout de film protecteur pour éviter que la fourche carbone ne soit abîmé par les frottements et les vibrations, et le tour est joué.


Toutes ces séances de « listage, relistage, shaking » au milieu du salon m'auront au moins permis de valider deux configurations hyper claires. D'un côté, le mode Voyage pour l'aller-retour : le chargement complet, le duvet et la tente sur le cintre, les affaires dans la sacoche de selle, les prolongateurs pour varier les positions, et l'autonomie maximale. De l'autre, le mode BRM pour le grand jour : on décharge le surplus à l'étape et on retire la sacoche de cadre. Cela permet d'y installer mon deuxième bidon (celui qui était sur la fourche pendant le voyage) aux côtés du premier. Avec le troisième bidon fixé au cintre, le vélo retrouve une ligne épurée et réactive, parée pour avaler les 300 km.


On pense souvent que le bikepacking débute dès que l'on prend la route, mais je me rends compte qu'il commence bien avant, dans ces allers-retours entre le tapis du salon et le vélo, dans ces hésitations sur un vêtement en trop. Aujourd'hui, la phase de réflexion s'arrête enfin, au moment où l'on sait que chaque chose, chaque objet a trouvé sa place, et avec cette satisfaction d'avoir trouvé son propre setup.

Mercredi prochain, quand je fermerai la porte de chez moi, il ne restera plus qu'à pédaler, savourer cette liberté et relever le défi de ce BRM que je me suis employée à préparer au mieux. 🚴‍♀️✨





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